André Pratte : contre la hausse des droits de scolarité, pour la gratuité scolaire?

« Le gouvernement Charest n'a aucune raison de reculer. L'augmentation est nécessaire et raisonnable. Elle ne nuira pas à l'accès aux études universitaires. » André Pratte parle-t-il d'une hausse de l'investissement gouvernemental dans le système d'éducation postsecondaire?

M. André Pratte, éditorialiste en chef à La Presse, nous livre un texte assez cocasse aujourd’hui. Il ne se cache pas : il est pour la hausse des droits de scolarité et contre la grève étudiante. Je dis que son texte est cocasse parce qu’il comporte des implications qui, il me semble, iraient exactement à l’encontre de ce que l’auteur soutient.

À moins qu’il ne soutienne effectivement le durcissement des actions posées par les mouvements, le fait que les associations étudiantes ne doivent pas négocier avec le gouvernement et l’instauration de la gratuité scolaire au Québec.

En résumé, voici les 3 éléments qu’il avance :

  1. La grève étudiante actuelle n’est pas une crise, ce qui fait que le gouvernement ne doit pas céder, puisque ce serait injuste pour les autres mouvements : « À part quelques perturbations à la circulation — bien moins graves que celles causées par les chantiers! —, le mouvement étudiant n’a pas d’impact. L’économie n’en souffre pas, personne n’est privé de services sauf les étudiants eux-mêmes. […] Cinq cents étudiants qui manifestent et la population montréalaise se sent menacée? Allons donc! S’il fallait que le gouvernement cède à un tel mouvement, ce serait profondément injuste pour les groupes qui, eux, n’ont pas le temps ou les moyens de descendre chaque jour dans la rue, et dont la “cause” est certainement aussi valable. »
  2. Le gouvernement n’a pas à négocier avec les étudiants puisque les associations étudiantes ont refusé de négocier avec lui lorsqu’il a proposé un dégel des droits : « On veut que le gouvernement négocie. Négocier quoi? Rappelons qu’il y a deux ans, les associations étudiantes ont claqué la porte d’une rencontre sur le financement des universités parce que le gouvernement osait remettre en question le gel des droits de scolarité. »
  3. La hausse des droits de scolarité proposée par le gouvernement n’est pas lourde et peut très bien être assumée par les étudiants : « Certains suggèrent que la hausse “brutale” de 1625 $ sur cinq ans soit étalée sur une plus longue période. Mauvaise idée. D’abord parce que la hausse n’est pas aussi brusque qu’on le dit. Trois-cent-vingt-cinq dollars par an, c’est 6,25 $ par semaine. Les jeunes, dont 81 % possèdent un téléphone cellulaire (47 % un téléphone intelligent) peuvent se le permettre, d’autant que l’amélioration du programme de prêts et bourses amortira sensiblement la hausse. »

Réponse à 1

Quand je lis cela, je vois M. Pratte qui donne des conseils au mouvement étudiant :

Si le mouvement étudiant veut que le gouvernement s’assoie à la table des négociations avec lui, il doit s’assurer que l’économie soit affectée et que des personnes autres que les étudiants eux-mêmes soient privées de services. On ne parle pas ici de simplement perturber la circulation; on parle de quelque chose de plus sévère, de plus grave. On peut élargir ce conseil à tous les mouvements sociaux : si vous voulez négocier, bloquez le système; si vous ne le faites pas, le gouvernement n’a pas de raison d’écouter vos demandes.

Ce n’est probablement pas ce que M. Pratte veut dire : je doute qu’il appelle les mouvements sociaux à durcir leur approche. En fait, il nous parle de justice à préserver envers les demandes de groupes qui n’ont pas les moyens d’avoir une approche dure. Pourquoi, au sein d’un même texte, laisser entendre qu’un mouvement n’a comme « poids » que la crise qu’il peut provoquer et qu’un mouvement doit être écouté, peu importe la crise qu’il peut provoquer? C’est bien ce que son texte laisse entendre. On peut donc se demander : pourquoi, M. Pratte, soutenir que le mouvement étudiant n’a pas d’impact? Serait-ce pour en minimiser l’importance?

Il nous parle en effet de justice envers ces autres groupes qui « n’ont pas le temps ou les moyens de descendre chaque jour dans la rue, et dont la “cause” est certainement aussi valable ». Bref, le gouvernement doit être juste envers toutes les causes valables, même celles qui n’ont pas la capacité de perturber quoi que ce soit. Je suis bien d’accord avec M. Pratte là-dessus. Ce serait super que ça se passe ainsi : le gouvernement annonce une mesure, un groupe social sent que cela va à l’encontre de quelque chose d’important, le gouvernement discute avec eux et décide d’abandonner ladite mesure, tout le monde est content. Bien entendu, ce n’est pas ainsi que ça se passe. Même en supposant que le gouvernement voudrait être aussi ouvert, il y a plusieurs groupes sociaux qui ont des « causes valables » (pour reprendre l’expression de M. Pratte) irréconciliables. Il va de soi que, pour n’importe quelle mesure proposée, jamais l’étape « tout le monde est content » ne sera réalisée.

Au-delà des bons sentiments, au-delà de la présupposition d’un utopique climat social exempt de volontés contradictoires, il faut être réaliste : pour que des revendications soient écoutées, il faut soit que ceux qui prennent les décisions soient déjà sensibles à ces revendications, soit que le non-respect de ces revendications implique des conséquences plus dommageables que leur respect, soit les deux. L’opposition officielle est déjà sensible à la cause des étudiants, mais ce n’est pas elle qui décide. Pour sensibiliser le gouvernement, on peut écrire des lettres, signer des pétitions, produire des études; le mouvement étudiant et ses sympathisants ont fait tout cela. Pour que les conséquences de l’adoption de la hausse des droits de scolarité soient plus dommageables que son rejet, les étudiants peuvent rallier les électeurs, les sensibiliser à leur cause. Les actions symboliques et manifestations servent à cela; les actions plus « dures », celles qui priveraient la population de services (comme le blocage d’un certain pont Jacques-Cartier, tiens) sont probablement contre-productives à cet égard (M. Pratte, pourquoi laisser entendre qu’un mouvement n’a comme « poids » que la crise qu’il peut provoquer? Serait-ce pour qu’il s’aliène le soutien populaire?) Les étudiants peuvent aussi, en dernier recours, déclarer la grève générale illimitée pour que les complications de maintenir la hausse (surtout liées aux coûts et à la réorganisation administratifs) deviennent trop lourdes. C’est ce qu’ils font en ce moment, et le reste ne s’arrête pas, bien entendu. Malgré cela, le gouvernement refuse (pour l’instant, du moins) de négocier avec les étudiants. Est-ce que M. Pratte croit qu’en posant moins d’actions, le gouvernement se serait ravisé quant à la hausse des droits de scolarité? J’en doute fort.

Réponse à 2

M. Pratte laisse entendre que le gouvernement ne doit pas négocier puisque les associations étudiantes ont déjà refusé de négocier. J’inverse, tiens : les associations étudiantes ne doivent pas négocier avec le gouvernement puisqu’il a refusé de négocier. On a affaire à un cercle vicieux : à un moment ou à un autre, si on veut parvenir à s’entendre, il faut que tous s’entendent pour négocier.

L’erreur plus grave que commet M. Pratte, c’est de supposer qu’une négociation doit se faire au sein du cadre proposé unilatéralement par une des deux parties. C’est faux. Il est facile de dire que « l’autre partie refuse de négocier » quand le cadre de négociation proposé est en lui-même déjà une défaite pour l’une des deux parties. Imaginez une négociation de divorce où un des deux propose de partir avec tout et de recevoir une pension de 10 000 $ par année. Il serait franchement malhonnête d’accuser l’autre de « refuser de négocier le montant de la pension »; c’est pourtant ce que M. Pratte fait en accusant les associations étudiantes.

La position des associations étudiantes, de l’ASSÉ en particulier, c’est la gratuité scolaire; la position actuelle du gouvernement est d’augmenter les droits de scolarité. Une négociation entre ces deux parties doit se situer dans ce cadre-là, entre la gratuité et une hausse, pas entre une hausse et pas de hausse. En accusant les associations de refuser de négocier la hausse, M. Pratte sous-entend que la hausse n’est pas elle-même le sujet du désaccord. Pourtant, elle l’est. Avec des préjugés pour la gratuité scolaire, M. Pratte pourrait utiliser exactement l’argument qu’il propose pour accuser le gouvernement de refuser de négocier une baisse des droits de scolarité.

Bref, outre nous enrober son opinion bien personnelle quant à la hausse des droits de scolarité, l’argument n’ajoute rien d’intellectuellement pertinent. En effet, quand on peut utiliser exactement le même argument pour justifier une opinion et son contraire, on sent bien qu’il n’est d’aucune utilité. Si on veut être poli, on peut parler d’une pétition de principe, mais il y a un autre mot pour ça que je ne répéterai pas ici. Si ça vous intéresse, voici un court article de Harry Frankfurt qui pousse cette discussion un peu plus loin. Allez-y, il est super intéressant.

Réponse à 3

M. Pratte utilise ce fameux argument pouvant justifier à peu près tout et n’importe quoi s’attaquant aux mesures sociales, celui soutenant que les étudiants peuvent très bien éponger cette hausse. Ils ont les moyens de se payer un téléphone cellulaire, ils ont les moyens de payer leurs droits de scolarité plus élevée.

Plein de réponses seraient bonnes pour démonter cet argument. Je vous propose que l’on s’amuse avec un petit exercice mathématique. Il est très simple, ne vous inquiétez pas.

Allons-y. Selon un article du canal Argent, près de 6 millions de Québécois ont rempli une déclaration de revenus; de ceux-ci, 39,6 % ne payaient pas d’impôts (ils ne font pas assez d’argent pour en payer). Arrondissons et disons que 60 % de ces 6 millions de Québécois paient de l’impôt.

On arrive à 3,6 millions de Québécois qui paient de l’impôt. Vous pouvez vérifier avec votre boulier.

Poursuivons en calculant la somme de tous les droits de scolarité payés par l’ensemble des étudiants universitaires en une année. Pour y arriver, on multiplie le nombre d’étudiants universitaires par ce qu’ils paient en droits de scolarité par année.

Selon un article de la Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec (la CREPUQ, qui est pour la hausse), 278 072 étudiants fréquentaient l’université en 2010; 188 843 le faisaient à temps partiel (un peu moins de 68 % des étudiants l’étaient donc à temps partiel).

Selon le site de la FECQ et de la FEUQ (deux fédérations étudiantes distinctes de l’ASSÉ, représentant respectivement des étudiants collégiens et universitaires), les droits de scolarité actuels des étudiants à temps plein sont de 2168 $ par année. À cela, ajoutons les frais institutionnels obligatoires (FIO, variant d’une institution à l’autre) qui s’élèvent en moyenne à 702,42 $ par année. Je n’ai malheureusement pas le montant moyen déboursé par les étudiants à temps partiel.

Soyons donc particulièrement pessimistes, et calculons le montant total des droits de scolarité déboursés actuellement par les étudiants, en supposant que les droits sont les mêmes pour les étudiants à temps partiel et pour ceux à temps plein (ils sont inférieurs, bien entendu). Le montant sera assez gonflé, bien sûr : faire comme si 68 % des étudiants payait plus de droits de scolarité qu’ils en paient vraiment aura un impact assez important sur notre total. Calculons seulement les droits de scolarité et laissons de côté les FIO, qui devront être payés par les étudiants. Ça fera plaisir à ceux qui parlent de la « juste part » qu’ils doivent débourser, tiens.

Si on compte que 278 072 étudiants paient chacun 2168 $ par année en droits de scolarité (ce serait en fait moins que cela, puisque les étudiants à temps partiel déboursent moins), on arrive à un total d’un peu moins de 603 millions de dollars par année (602 860 096 $ pour être exact).

Terminons avec une division : voyons voir combien il en couterait à chacun de ces 3,6 millions de Québécois qui paient déjà de l’impôt d’éliminer les droits de scolarité. Si vous suivez toujours, on devra diviser 602 860 096 $ par 3,6 millions.

Combien coûterait aux 60% de contribuables québécois payant en ce moment de l’impôt de rendre réelle la gratuité scolaire aux cycles supérieurs (laissant aux étudiants universitaires le soin de payer les FIO un peu comme on le fait au cégep)? Un total global de 167,46 $.

Moins que cela, si on calcule correctement les droits de scolarité. Moins que cela encore si on considère qu’avec la gratuité scolaire, le régime de prêts et de bourses se verrait grandement aminci. Moins que cela si on considère que les entreprises devraient elles aussi contribuer.

Pour reprendre le calcul de M. Pratte, c’est 3,22 $ par semaine. Je n’ai malheureusement pas le pourcentage de contribuable possédant un téléphone cellulaire, donc je ne peux pas faire cette comparaison [1]. Je peux toutefois souligner qu’un abonnement à La Presse coûte un peu plus de 5 $ par semaine; leur « offre spéciale », valable pour 6 mois, coûte 3,47 $ par semaine.

Je crois que l’argument tient très bien la route, par contre : M. Pratte soutient que les étudiants peuvent très bien se permettre une hausse des droits de scolarité de 6,25 $ par semaine pour la première année; si on compare la hausse réelle, par semaine, au bout des 5 ans, on arrive à 31,25 $ par année. Avec l’argument qu’il présente pour soutenir la hausse, je ne vois pas en quoi il pourrait montrer que les 60 % de Québécois qui paient de l’impôt ne pourraient pas se permettre une hausse d’impôts de moins de 3,22 $ par semaine. Seraient-ils 10 fois moins riches que les étudiants eux-mêmes?

Ah, oui! Si je veux rendre parfaitement justice à l’argumentaire de M. Pratte, bien entendu, il faudrait étaler cette hausse sur 5 ans. On arrive donc à 0,64 $ par semaine pour la première année. Tout cela, sans augmenter l’imposition des entreprises, ni demander aux plus pauvres qui ne paient actuellement pas d’impôts d’en payer. Sans non plus considérer la réduction du fardeau fiscal lié au programme de prêts et bourses qui s’amincira. Tout cela en considérant un total de droits de scolarité encore plus élevé que celui qui est réel. [2]

Devant la démonstration que l’on vient de faire, il faut impérativement corriger la conclusion de M. Pratte. Ce qu’il voulait dire, c’est plutôt cela : « Le gouvernement Charest n’a aucune raison de reculer. L’augmentation La gratuité scolaire est nécessaire et raisonnable. Elle ne nuira pas à l’accès aux études universitaires. »

Ma foi, c’est bien ce que je croyais : André Pratte soutient la gratuité scolaire!

Notes
1. M. Pratte n’a pas présenté ses sources non plus, mais contrairement à lui, j’aime bien le faire afin que mes lecteurs puissent vérifier par eux-mêmes que je ne les trompe pas. Je présume de son professionnalisme, mais en tant que lecteur, je n’ai strictement aucune indication du comment il est arrivé à « 81% [des jeunes] possèdent un téléphone cellulaire [et] 47% un téléphone intelligent ».
2.Pour une étude plus sérieuse de la possibilité de la gratuité scolaire, jetez un œil sur cette analyse (et sur celle-ci) produite par l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS). Ils évaluent à 550 millions par année la gratuité scolaire, soit 50 millions de moins que mon calcul gonflé. Ce montant considère non seulement que l’État paie les FIO universitaires (que je faisais payer aux étudiants ici), mais aussi qu’il rende le cégep complètement gratuit. En termes Prattéens ou Prattiques (ha!), c’est 3,02 $ par semaine; 0,60 $ pour la première année en moyenne que les contribuables québécois doivent débourser afin de s’offrir la gratuité complète de tout le système d’éducation postsecondaire.

6 réflexions sur “André Pratte : contre la hausse des droits de scolarité, pour la gratuité scolaire?

  1. Un peu dans la même lignée, j’ai écrit cette lettre ouverte à M. Pratte, plus tôt cette semaine. Elle se voulait une réponse aux textes portant sur les questions de la grève étudiante et de la hausse des frais de scolarité qu’il publie depuis déjà quelques semaines dans «La Presse».

    Bonjour M. Pratte,

    C’est avec désolation que je constate que vous continuez la désinformation en diffusant un discours mensongé sur la question de la hausse des frais de scolarité!

    Tout d’abord, contrairement à ce que vous disiez dans votre texte du 13 mars (Rien à négocier), nous ne sommes pas que 500 dans les rues. Nous l’avons montré à plusieurs occasions de puis le début du mouvement étudiant, nous vous l’avons montré aujourd’hui malgré le couvert nuageux et nous vous le montrerons encore plus dans les jours à venir dont les 18 et 22 mars. Je vous rappel que nous sommes aujourd’hui environ 150 000 en grève et j’aimerais préciser que ce n’est pas parce nous ne sommes pas dans la rue que nous ne sommes pas actifs!

    Ensuite, je tiens à préciser que les étudiants ont quitté la rencontre sur le financement des universités parce qu’on y refusait d’entendre leur position sur le gel ou encore sur la gratuité, pas parce qu’on y remettait en question le dit gel! Il y a une nuance! Quand on invite quelqu’un, c’est la moindre des choses d’accepter d’entendre ce qu’il a à dire. Non?

    Plus loin, vous dites que 6,25$ d’augmentation par semaine, c’est pas beaucoup. Je vous rappelle qu’au bout des 5 ans, ça fera 31,25$ de plus par semaine. Le «pas beaucoup» devient soudainement «un peu beaucoup». Non? Certes, l’aide financière sera bonifiée, mais c’est pas tout le monde qui peut toucher ce programme (le pourcentage est même assez minime) et vous le savez très bien. Les étudiants provenant de familles de la classe moyenne n’ont pas accès à ce programme au baccalauréat. Pourquoi vous ne le dites pas? Ces étudiants devront ainsi s’endetter auprès des banques. Ensuite, les prêts du gouvernement, dont les intérêts sont remboursables par ce dernier, permettront encore de remplir les poches des banques, et ce, au coût des contribuables. L’art de financer les banques plutôt que les études! Bravo!

    Également, reprocher aux étudiants d’avoir des cellulaires, c’est un argument assez faible. Il faudrait peut-être comprendre que la plupart n’ont pas de ligne téléphonique à la maison et que ce n’est ainsi pas plus cher qu’un téléphone fixe.

    Mais j’aimerais aussi revenir sur votre texte du 25 février (Des chiffres trompeurs) dans lequel vous disiez des choses pour le moins contestables. J’aimerais d’abord vous citer : «…il faut savoir que depuis 1997-1998, la participation aux études universitaires s’est remise à grimper, y compris depuis 2007, alors que le gouvernement Charest a entrepris d’augmenter de 100$ par année des droits de scolarité.» Si vos chiffres sont probablement exacts, j’aimerais toutefois préciser qu’à la simple question de savoir si le nombre d’étudiants a changé, il faudrait peut-être également se demander si le niveau socio-économique des gens qui fréquentent maintenant l’université est resté le même (et s’il le restera!), tout en cherchant à savoir si certains départements ont vu une augmentation de leur inscription au détriment de d’autres. Non?

    Plus loin, vous écriviez ceci : «Les associations étudiantes citent les calculs d’une économiste de l’Université de Sherbrooke, Valérie Vierstraete, réalisés pour le Comité consultatif sur l’accessibilité financière aux études. Selon l’interprétation qu’elles font de cette étude, l’augmentation des droits annoncée par le gouvernement Charest pourrait décourager 7000 étudiants d’aller à l’université. Cependant, les étudiants taisent les mises en garde faites par l’auteure elle-même, entre autres que ses estimations supposent une hausse soudaine et immédiate des droits de scolarité. Or, ce n’est pas ce qui est prévu dans le budget.» Je me demande alors ce qui vous permet de déduire qu’une augmentation de 75% sur 5 ans n’est pas une augmentation soudaine. Et pourquoi ne décortiquez-vous pas les lacunes des documents sur lesquels reposent la position du gouvernement et des recteurs, comme l’on fait plusieurs chercheurs que vous vous entêtez probablement à ne pas lire?

    Dans un autre ordre d’idée, j’aimerais vous demander pourquoi ne parlez-vous jamais des moyens pour financer le système universitaire qui sont proposés par les étudiants opposés à la hausse ? Pourquoi ne parlez-vous pas de la mauvaise gestion des université? Pourquoi ne dénoncez-vous pas l’évasion fiscale, la corruption, la collusion, le financement d’une salle de spectacle (et studio d’enregistrement) pour Québecor déguisée en amphithéâtre pour les (futures?) Nordiques, etc.? Pourquoi n’évoquez-vous pas que l’exploitation des nombreuses ressources naturelles ne permettent pratiquement pas d’enrichir la société québécoise alors que le gouvernement, avec son Plan Nord, finance peut-être trop les compagnies privées en octroyant des prêts aux entreprises, en payant une bonne partie de la facture pour la construction de routes, de chemin de fer et bientôt probablement de ports, en proposant des réductions extrêmes du coût de l’électricité, etc.?

    Je pourrais aussi vous parler de l’absence de payage sur la plupart des autoroutes et des ponts et d’une multitude d’autres pistes de réflexions sur le moyen de financer nos services publics. Mais c’est vrai, c’est sûrement plus simple de faire passer la facture aux étudiants! Non? Continuons de priviléger une distribution de la pauvreté plutôt qu’une redistribution de la richesse!

    J’aurais finalement aimer vous expliquer le rôle d’une université au sein d’une société et essayer de vous convaincre que la notion de bénéfice, lorsqu’on parle entre autres d’éducation, ne se calcule pas qu’en terme monétaire. Mais plusieurs l’on fait avant moi (et de brillantes façons!) et comme vous ne semblez pas prendre le temps de les lire, je ne perdrai pas davantage mon temps. Je sors de ce pas dans la rue essayer de convaincre les gens qui sont ouverts à la discussion…

    Cordialement.

    Hubert Sabino
    Étudiant au doctorat en études cinématographiques à l’Université de Montréal

  2. En fait, c’est pire que ça ! Le calcul de M. Pratte avec son 6.25$ par semaine, c’est la hausse annuelle de 325 $ par session. Si on prend en compte la hausse sur 5 ans, on obtient 31.25$ par semaine de plus… par session. L’étudiant moyen fait en général 2 sessions ! La hausse pour la très grande majorité des étudiants est donc de 62.50$ par semaine au bout de 5 ans… Je ne comprends pas pourquoi les gens s’obstinent à faire comme si les étudiants faisaient 1 session par année… C’est vraiment malhonnête. C’est encore pire quand on calcule seulement pour la hausse de la première année… Si M. Pratte avait voulu utiliser les vrais chiffres, il aurait dit : « si on prend seulement 10% de la hausse, c’est 6.25 par semaine » et le lecteur aurait alors pu se demander pourquoi l’auteur considérait seulement 10% de la hausse dans son calcul s’il soutenait que la hausse n’était pas brutale… Fin bref, c’est de la désinformation et c’est indigne d’un éditorialiste qui se doit d’argumenter avec les vrais chiffres…

    • Je retire ce que j’ai dis (sur le fait qu’il fallait doubler). En regardant sur le site du MELS, je remarque c’est par 30 crédits…
      http://www.mels.gouv.qc.ca/enseignementsuperieur/droitsscolarite/index.asp?page=cout

      J’ai été induit en erreur par http://1625canepassepas.ca/2011/09/ ce site mentionnait 1625 par session…

      Ça reste quand même énorme toutefois et il faudrait considérer l’augmentation au bout de 5 ans et non l’augmentation annuelle…

      • Bonjour jeep 314,

        Je suis d’accord avec vous sur le fait que M. Pratte tait bien le montant total de l’augmentation, une fois qu’elle sera complète. C’est pour cela que j’ai voulu remettre les pendules à l’heure à la fin de mon billet. C’est aussi pour cela que j’ai comparé le prix de la gratuité scolaire étalé sur cinq ans : je pense que ça démontrait bien l’absurdité de son argumentation.

        Merci!

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