« Le totalitarisme communiste n’est pas la solution à vos problèmes », rappelle Nathalie Elgrably-Lévy aux indignés

Critiquer Nathalie Elgrably-Lévy serait une totale perte de temps si elle ne disposait pas d’une tribune si importante au Journal de Montréal et de Québec. Ce qu’elle raconte est tellement pauvre et tributaire d’une idéologie sacrifiant tout sur l’autel du développement économique que c’en est presque drôle. Voyez comme elle nous a démontré que l’imposition du salaire minimum empêche les « travailleurs moins productifs » (essentiellement les jeunes) de travailler et les enferme dans un cercle vicieux où ils ne peuvent pas gravir les échelons salariaux. En effet, rien ne permet à quelqu’un d’améliorer sa qualité de vie comme pouvoir travailler pour un salaire de misère en attendant de devenir, je ne sais pas, électricien. À moins que sa finale, quand elle soutient que la « seule véritable solution à l’amélioration du niveau de vie passe par l’instruction et l’expérience » signifie que l’on doive aussi rendre l’éducation très abordable ou même totalement gratuite (comme… hum… Cuba, tiens!), ce qui m’étonnerait énormément, je vois bien mal en quoi l’abolition d’une mesure qui limite l’exploitation des citoyens (et non pas à éliminer la pauvreté, comme elle l’annonce) pourrait améliorer la qualité de vie de la population.

Sa dernière chronique à ce jour critique à couvert le mouvement « Occupons Montréal » et plus généralement tous ceux qui sont rattachés à « Occupy Wall Street« . Je dis « critique à couvert » car elle nuance, à juste titre (reconnaissons tout de même ses bons coups) :

Nous constatons également que parmi votre groupe, plusieurs organisateurs tiennent un discours d’inspiration socialiste ou communiste.

En revanche, il est clair qu’une bonne partie d’entre vous fait simplement partie, et à juste titre, des citoyens excédés par le népotisme, le clientélisme et le copinage éhonté entre le pouvoir et le monde des affaires. Vous êtes jeunes et inquiets pour votre avenir.

Le reste de son texte présente essentiellement des problèmes sévères et des atrocités commises par différents régimes communistes. On pourrait dire que son article est une critique du communisme. Après tout, vers la fin, elle rappelle :

Indignés de Wall Street, vous êtes en droit de protester et de réclamer des changements. Mais de grâce, renseignez-vous sur la folie meurtrière et les ravages du communisme.

Qui critique-t-elle? Ceux qui exigent l’abolition du marché et la nationalisation des échanges économiques? Ceux qui demandent que le gouvernement prenne tout en main et élimine le droit à la propriété privée et à la création d’entreprises? Si ce qu’elle implore, c’est de ne pas demander de remplacer une structure où les financiers peuvent profiter et abuser des travailleurs par un système où le gouvernement le peut, elle marque un point. Le communisme totalitaire, ce n’est pas une solution. Mais qui exige cela? Probablement un très, très petit nombre de ceux qui grossissent les rangs de ce mouvement qui prend de l’ampleur.

Le mouvement demande que des mesures soit prises pour mieux distribuer la richesse (et surtout du pouvoir) des plus riches aux plus pauvres. Comment y arriver? Je présume que des règles plus strictes imposées au monde de la finance et du financement des partis politiques seront nécessaires. Avec son texte, j’ai bien l’impression que l’auteur assimile ces idées « d’inspiration socialiste » aux goulags et aux famines planifiées soviétiques. Qu’on se comprenne bien : entre imposer des règles plus strictes pour limiter l’influence des riches et puissants sur les décisions politiques et établir un régime totalitaire communiste, il y a un monde. Laisser sous-entendre que ces mesures sont comparables à celles demandant « la négation de la propriété privée et […] la centralisation aux mains de l’État des moyens de production, du crédit, des moyens de transport, des infrastructures, des logements, etc » est au mieux simplement ridicule et au pire carrément malhonnête. C’est comme si on disait que de permettre les combats de boxe est dans la même veine que de forcer tous les citoyens à se battre entre eux dans la rue. Que de permettre l’avortement revient à forcer toutes les femmes à tuer leurs enfants. Que de permettre à Nathalie Elgrably-Lévy de diffuser son opinion force la population à la partager sous peine d’emprisonnement et de mort. Rien, mais rien à voir.

Elle nous met en garde contre le « charlatanisme idéologique » (ironie, quand tu nous tiens) de ces « organisateurs [qui] tiennent un discours d’inspiration socialiste ou communiste. » Je serais curieux de connaître ses propositions pour réduire les problèmes de « népotisme, le clientélisme et le copinage éhonté entre le pouvoir et le monde des affaires » qui, de son propre aveu, sont des sources de mécontentement justifiées. Les propositions de celle qui soutient que « l’allégement des fardeaux fiscal et réglementaire est à la crise économique ce que le défibrillateur est à la crise cardiaque« . On sait très bien que la dérèglementation fait des miracles pour la qualité de vie des citoyens travaillant dans les maquiladoras du Mexique, qui sont totalement libres de faire la file des heures durant aux portes d’une entreprise qui leur permettra peut-être de travailler 60 à 70 heures par semaines pour un salaire ne couvrant pas leurs besoins de base dans des conditions de travail hautement nocives.

Je pose donc la question : maintenant que vous leur avez démontré que le totalitarisme communiste n’est pas la solution (une sacré chance, d’ailleurs, parce qu’ils allaient certainement tomber dans le panneau!), que devraient exiger les « indignés » pour rétablir une plus grande justice sociale, Madame Elgrably-Lévy?

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